De l’insoumission à la compromission : Quand des élus de la République soutiennent le terrorisme

La France accepterait-elle qu’une délégation de députés marocains se rende à Fleury-Mérogis pour s’assurer que Salah Abdeslam bénéficie d’un bon traitement, ou que des parlementaires algériens rencontrent Abdelkader Merah pour saluer l’acte de « résistance » de son frère Mohamed ? La réponse à cette question peut paraître évidente, mais lorsqu’il s’agit de la cause palestinienne, une confusion des valeurs s’opère et les fossoyeurs de notre République parfois auréolés de leur titre d’élus, s’enlisent dans les tréfonds de l’obscurantisme pour soutenir, sous couvert d’humanitarisme, les promoteurs du terrorisme.   

Lundi 13 novembre, le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan a déclaré qu’Israël refuserait l’entrée sur son territoire d’une délégation de responsables politiques français, évoquant leurs liens étroits avec le mouvement de boycott d’Israël BDS. Parmi eux, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, la députée (LFI) Clémentine Autain, les députés européens Pascal Durand (Verts/Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF), mais aussi les maires communistes Azzedine Taibi (Stains), Eric Roulot (Limay) et Patrice Leclerc (Gennevilliers). Ils font partie d’un groupe de vingt personnes qui devaient se rendre en Israël et les territoires du 18 au 23 novembre, pour s’entretenir notamment avec plusieurs prisonniers palestiniens dont les très médiatiques Marwan Barghouti et Salah Hamouri, deux terroristes arrêtés et jugés en Israël. 

En tant que chef des Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, branche armée du Fatah, Marwan Barghouti est à l’origine de dizaines d’attentats anti-israéliens, y compris kamikazes. Reconnu coupable pour son implication dans trois attaques ayant conduit à la mort de cinq civils (quatre Israéliens et un prêtre grec-orthodoxe), ainsi que pour sa responsabilité dans une tentative d’attentat à Jérusalem, il a été condamné à cinq peines de prison à vie, assorties d’une peine de sûreté de 40 ans. L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri est quant à lui en détention administrative en Israël depuis le 23 août car il a été jugé coupable de tentative d’assassinat sur le rabbin Ovadia Yossef. Il est membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) que la France et l’Union européenne considèrent comme une organisation terroriste.

En soutenant ces terroristes, les élus de cette délégation outrepassent leurs prérogatives et piétinent les valeurs qui les ont pourtant portés à leurs fonctions politiques actuelles. Cautionner le terrorisme en en faisant un acte de résistance et d’héroïsme est indigne de leur statut. Rien ne peut le justifier et la « cause palestinienne » ne saurait faire exception. N’en déplaise à l’extrême-gauche complice des islamistes et ouvertement antisioniste, Marwan Barghouti est un assassin et non un libérateur du peuple palestinien. Cette complaisance à l’égard des crimes orchestrés par les organisations terroristes palestiniennes n’a pour unique but que de mettre Israël au ban des nations.

Alors que nous venons de commémorer les tragiques attentats du 13 novembre et que le gouvernement a maintes fois clamé sa volonté de lutter contre le terrorisme, il est temps que nos autorités condamnent avec la plus grande fermeté ceux qui contribuent à nourrir la haine et souiller la France par des prises de positions compromettantes.

Docteur en science politique, spécialiste du Proche-Orient et des questions de Défense, Sarah Perez est chercheur et consultante risque-pays. Elle est l'auteur de Iran-Israël: une guerre technologique, Les coulisses d'un conflit invisible.