Bolton tente de rassurer Israël, qui s’alarme du retrait américain en Syrie (Thierry Oberlé – Le Figaro)

Le conseiller pour la sécurité nationale de Donald Trump est venu en Israël pour développer un message d’apaisement, au risque d’apparaître en contradiction avec la parole présidentielle.

L’étroite relation entre les États-Unis de Donald Trump et l’État hébreu dirigé par Benyamin Nétanyahou se relâche. La décision aussi brusque que controversée du président américain de retirer ses troupes de Syrie a suscité en Israël une vague de critiques sur un allié jugé par les sphères politico-militaires bien déroutant.

Donald Trump a encore aggravé son cas auprès de l’opinion publique et embarrassé le premier ministre en adoptant un ton condescendant à l’égard de l’ami israélien lors d’un déplacement inopiné en Irak. «C’est moi qui ai déplacé l’ambassade à Jérusalem. C’est moi qui étais prêt à le faire. C’est donc ainsi que les choses se passent. Nous allons prendre grand soin d’Israël. Israël va être très bon. Nous leur donnons 4,5 milliards de dollars par an et ils réussissent très bien à se défendre. Je l’ai dit à Bibi (Benyamin Nétanyahou NDLR)», a-t-il déclaré avant de parler de la Syrie comme d’un pays «de sable et de mort» sans véritable valeur. Il avait également estimé que «Téhéran avait les capacités de faire ce qu’il veut en Syrie», provoquant la stupeur de hauts responsables israéliens et attisant la discorde entre les deux pays.

Rétropédalage

Tenus le 2 janvier, ces propos s’accompagnaient d’un début de rétropédalage sur le calendrier du départ des 2000 soldats américains. Son conseiller pour la sécurité nationale, John Bolton, est venu en Israël pour développer un message d’apaisement au risque d’apparaître en contradiction avec la parole présidentielle. Alors que Donald Trump estimait voici peu que la bataille contre l’État islamique était gagnée, John Bolton a assuré que des poches de Daech demeurent invaincues et qu’une évacuation rapide des troupes américaines pourrait mettre en danger les partenaires des Américains ainsi que les forces américaines elles-mêmes.

«Il faut faire de telle sorte que la défense d’Israël et d’autres amis dans la région soit absolument assurée», a assuré dimanche John Bolton. Il a également souligné que le retrait militaire américain tiendra compte «de ceux qui ont combattu avec nous contre l’organisation de l’État islamique et d’autres groupes terroristes, en particulier les Kurdes». Les assurances données par le conseiller de Donald Trump qui est attendu en Turquie semblent confirmer que les plans de retraite prévoyant un départ des soldats engagés au Kurdistan syrien dans les prochaines semaines sont désormais conditionnels.

Imperturbable

De son côté, Benyamin Nétanyahou qui aurait, selon des médias israéliens, imploré Donald Trump de revoir sa décision, se veut imperturbable. Il a affirmé que le retrait américain «ne changera rien» à sa politique. Le chef du gouvernement israélien s’est engagé à poursuivre ses efforts pour empêcher l’Iran de s’implanter militairement en Syrie, c’est-à-dire à maintenir des frappes aériennes contre des cibles de l’armée iranienne et des convois de livraisons d’armes au Hezbollah, la milice libanaise soutenue par Téhéran.

Quant au fameux plan secret américain pour un règlement du conflit israélo-palestinien, il est remis, sans surprise, à des jours meilleurs au soulagement des Israéliens, qui sont entrés en période électorale. C’est l’un de ses rédacteurs présumés, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, qui l’a annoncé dimanche.