À l’ONU, Israël rejette une demande d’enquête (Maurin Picard – Le Figaro)

À l’ONU, Israël rejette une demande d’enquête

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait réclamé vendredi soir l’ouverture d’une investigation, se disant «ému» par la gravité des événements.

Israël a rejeté dimanche l’appel des Nations unies à l’établissement d’une enquête indépendante sur l’usage par l’armée israélienne de balles réelles, après les violences survenues dans la bande de Gaza, tandis que les États-Unis faisaient avorter une initiative en ce sens au Conseil de sécurité, à New York. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait réclamé vendredi soir l’ouverture d’une telle investigation, se disant «ému» par la gravité des événements. «Toutes les parties impliquées doivent s’abstenir d’agir de quelque manière qui entraîne de nouvelles victimes et en particulier de toute mesure qui mette en danger des civils», a précisé son porte-parole Farhan Haq.

La réponse du gouvernement israélien est tombée, cinglante. «Les soldats israéliens ont fait ce qui était nécessaire. Je pense que tous nos soldats méritent une médaille», a rétorqué à Guterres dimanche le ministre de la Défense Avigdor Lieberman. «Pour ce qui est d’une commission d’enquête, il n’y en aura pas.»

Blocage des États-Unis

Samedi soir, le Conseil de sécurité de l’ONU s’était réuni en urgence pour évoquer la situation à Gaza, à l’initiative du Koweït. Se déclarant «inquiète», la France avertissait du risque d’escalade «réel», «un seuil (ayant) été franchi dans la violence», selon les termes du coordinateur politique de la représentation française à l’ONU, Antoine Michon. «Il est urgent de reprendre rapidement les négociations en vue de mettre en œuvre la solution à deux États», a déclaré celui-ci devant le Conseil de sécurité, relayant les vœux d’Antonio Guterres. Paris appelle Israël «au discernement et à la retenue», ainsi que les manifestants à «s’abstenir de tout débordement».

«Nous ne sommes pas frappés de la honte des envahisseurs, Nétanyahou. Vous êtes un envahisseur et vous êtes présent sur ces terres en tant qu’envahisseur. En même temps, vous êtes un terroriste.»

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie

Se déclarant «profondément attristés» par les vies humaines perdues, les États-Unis ont néanmoins bloqué l’adoption d’une déclaration finale du Conseil de sécurité, tandis que le représentant israélien Danny Danon s’insurgeait contre l’initiative koweïtienne lancée le premier soir de la Pâque juive et jugée «contraire à l’esprit des Nations unies», les diplomates israéliens ne pouvant déroger à leurs obligations religieuses. S’agissant de la demande d’enquête, Danon s’est dit «choqué d’entendre une telle hypocrisie», ajoutant que les délégations recevraient «des informations sur les terroristes» qui ont pris part aux troubles. «La situation risque de se détériorer dans les prochains jours», a confié sombrement un responsable de l’ONU, en marge de la réunion de samedi.

De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié dimanche le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de «terroriste», prolongeant une joute verbale entamée vendredi.

Recep Tayyip Erdogan est revenu à la charge dimanche pendant un discours devant ses partisans:  «Nous ne sommes pas frappés de la honte des envahisseurs, Nétanyahou. Vous êtes un envahisseur et vous êtes présent sur ces terres en tant qu’envahisseur. En même temps, vous êtes un terroriste.»