«À Gaza, le Hamas a provoqué sciemment une escalade de la violence avec l’État hébreu» (Aliza Bin-Noun – Le Figaro)

Plusieurs centaines de roquettes ont été lancées les 4 et 5 mai de la bande de Gaza vers Israël, entraînant une riposte militaire de l’État hébreu. Aliza Bin-Noun, l’ambassadrice d’Israël en France, juge que les deux parties ne sauraient être renvoyées dos à dos.

Un nouveau cycle de violence vient de nous être imposé. Le week-end dernier, les Israéliens ont été à nouveau réveillés par les sirènes hurlantes d’alerte rouge et un déluge de roquettes tirées depuis la bande de Gaza.

Dans le sud d’Israël, près de trois millions d’Israéliens, ont été pris en otage durant deux jours et deux nuits par des tirs palestiniens. Lors de ce premier week-end de mai, en Israël, des hommes, des femmes, des enfants ont vécu dans la peur, la panique et la terreur. La peur incessante de perdre la vie à tout moment, la panique de ne pas arriver à temps lorsque la sirène retentit et que dans la minute il faut se rendre aux abris, la terreur enfin, que procurent l’horreur et le bruit d’un bombardement intensif. Car entre le 4 et le 5 mai 2019, le Djihad islamique palestinien et le Hamas, deux groupes reconnus comme des organisations terroristes par la France et l’Union européenne, ont lancé plus de 600 roquettes, mortiers et missiles.

Ils ont assassiné Moshe Agadi, âgé de 58 ans et père de 4 enfants ; Pinchas Menachem Prezuazman, un jeune homme de 22 ans ; Ziad al-Hamamda, âgé de 47 ans et Moshe Feder, âgé de 68 ans.

Plus de 120 Israéliens innocents ont été blessés par des éclats d’obus ou de débris car les roquettes palestiniennes ont délibérément ciblé les centres de populations civiles. Elles ont frappé des logements, des usines, une crèche, un hôpital dans la ville d’Ashkelon. Les écoles ont été fermées, la vie des écoliers est devenue un cauchemar.

Le Hamas est clairement responsable et à l’origine de cet embrasement tragique

Le Hamas a commis un double crime de guerre en bombardant aveuglément la population civile israélienne, tout en se cachant derrière sa population civile gazaouie, dont il se sert comme bouclier humain. Le fait avéré que le Hamas stocke et lance ses roquettes depuis des quartiers résidentiels de Gaza,y compris dans des mosquées, prouve son mépris absolu pour la valeur de la vie humaine. C’est ainsi qu’une roquette du Hamas visant Israël a explosé à Gaza même, entraînant la mort tragique d’une femme gazaouie et d’un bébé, Falasteen Abu Arar et Saba Mahmoud.

Le Hamas est clairement responsable et à l’origine de cet embrasement tragique, qui a commencé quand les balles d’un sniper palestinien ont blessé un officier israélien et un soldat, du côté israélien de la frontière, au moment des émeutes macabres orchestrées par le Hamas le long de notre frontière. Les terroristes du Hamas ont agi sciemment pour provoquer une escalade de la violence.

Il existe une asymétrie profonde entre les deux parties, souvent cachée par la couverture médiatique des faits. Il ne s’agit pas d’une réponse symétrique entre deux protagonistes ayant la même légitimité.

Sont en présence d’un côté, plusieurs organisations terroristes palestiniennes qui, à maintes reprises, déclenchent des cycles de violence, espérant en tirer des bénéfices économiques, politiques et diplomatiques, et de l’autre côté, une démocratie attaquée qui essaie d’éviter le recours à la force, à tout prix, sauf au prix de la vie de ses citoyens.

Le Hamas et le Djihad islamique, soutenus et dirigés par les mollahs de Téhéran, ne cachent pas leur désir de mettre notre pays à feu et à sang afin de le remplacer par un califat islamique.

Depuis longtemps déjà, le Hamas et le Djihad islamique ciblent délibérément des civils israéliens. Ils souhaitent que la terreur règne en Israël et ont déjà revendiqué des centaines d’attentats suicides ainsi que des fusillades, des attentats au couteau et à la voiture bélier qui ont coûté la vie à des centaines d’Israéliens et mené le processus de paix au naufrage.

Avec le Hamas, Gaza est devenu un dépôt de munitions géant

Depuis le putsch contre l’Autorité palestinienne à Gaza en 2007, le Hamas a lancé plus de 12.000 roquettes et mortiers vers Israël. Avec le Hamas, Gaza est devenu un dépôt de munitions géant. Pendant des années, les islamistes du Hamas ont accumulé du matériel et des munitions en utilisant des fonds destinés aux écoles, aux hôpitaux palestiniens et aux infrastructures de Gaza.

Israël désire avoir une frontière paisible avec la bande de Gaza, mais aucun État au monde n’accepterait d’être la cible permanente et passive d’attaques de roquettes. Tant queles dirigeants du Hamas continueront à jouer la politique du pire et de la violence au lieu de servir le bien de leur peuple, les cycles de violence se reproduiront.

Israël vient de célébrer son 71e anniversaire d’indépendance, le 9 mai dernier. Pendant presque trois quarts de siècle, l’État d’Israël a été contraint d’affronter une menace après l’autre. Malgré les agressions inlassables, notre pays s’est épanoui. Non seulement Israël est devenu un pays prospère en quelques décennies, mais il est aujourd’hui un centre mondial d’innovation et de créativité.

Israël aspire sans cesse à la paix, et a réalisé des pactes de réconciliation avec l’Égypte et la Jordanie. Notre départ de Gaza aurait dû représenter un signe d’espoir. Mais le Hamas a délibérément transformé ce chant d’espoir en champs de roquettes. Israël rêve du jour où la paix régnera aussi entre nous et nos voisins palestiniens.