8 questions / réponses sur la situation à la frontière entre Gaza et Israël

Si les médias et la communauté internationale ont dénoncé un « bain de sang », un « massacre » et pointé « l’usage disproportionné de la force » par Tsahal, qui aurait tué 62 Palestiniens et blessé plus de 2700 Palestiniens, peu d’entre eux se sont interrogés sur les causes réelles de ces manifestations ou sur la véracité des chiffres fournis par le Ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas. Pis encore, rares sont ceux qui se sont émus de la présence de femmes, d’enfants, de vieillards et d’handicapés dans une zone militaire.

Dans ce contexte tendu et pour contrer certaines idées reçues sur les événements en cours, il nous est apparu nécessaire de revenir sur les motifs et les objectifs de ces manifestions afin de mieux cerner les enjeux de cette nouvelle phase du conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens.

1. Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem est-il la cause des manifestations gazaouïes ?

Ce lundi 14 mai était un jour symbolique pour les Palestiniens, pas tant à cause du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, mais parce qu’il marquait le 70ème anniversaire de l’Etat d’Israël, un jour qui est commémoré chaque année comme la « Nakba », « catastrophe » en arabe, qui fait référence à la création même de l’Etat d’Israël en 1948. Pourtant, ce sont les Etats arabes qui ont déclenché la guerre contre Israël en 1948 après avoir rejeté le Plan de Partage de la Palestine de 1947, qui prévoyait aussi un Etat arabe. Leur décision a entrainé l’exode de centaines de milliers d’Arabes.

Depuis le 30 mars 2018, les Gazaouïs marchent chaque semaine près de la barrière qui sépare l’enclave palestinienne et Israël pour demander le « droit au retour » sur « leurs terres ». La transfert de l’ambassade sert donc de prétexte pour justifier les violences qui accompagnement chaque année la commémoration de la « Nakba » et qui se seraient de toute façon produites avec ou sans cet événement.

2. Cette « marche du retour » est-elle une manifestation pacifique ?

Entre 20.000 et 40.000 personnes, selon les sources, se sont rassemblées depuis le 30 mars et pour une durée de six semaines, en différents points près de la frontière avec Israël.
Officiellement organisée par la « société civile » qui n’a pourtant aucun droit à Gaza, « la marche du retour » est orchestrée par le Hamas. Ce n’est pas une protestation mais mais il s’agit de faire tomber la barrière de sécurité qui sert de frontière, pour envahir le territoire israélien et permettre à des commandos de faire des attentats, kidnapper ou attaquer des civils israéliens. La « marche du retour » n’est donc pas une « manifestation pacifique » comme le répète en boucle la plupart des médias. Depuis plus d’un mois, des foules de manifestants, hommes, femmes et enfants, convergent vers la frontière en plusieurs points de Gaza. Le plus grand nombre se tient à distance de la barrière de sécurité lourdement protégée par l’armée israélienne mais des groupes se rapprochent retranchés derrière des pneus en flammes, apportés par camions, qu’ils font rouler vers les soldats, tandis que d’autres lancent des cerfs-volants pour faire passer des bouteilles incendiaires de l’autre côté de la barrière. Au milieu d’eux, se cachent de vrais terroristes armés de couteaux, machettes, sabres mais aussi d’armes à feu. Depuis le début de la « marche du retour », le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité des victimes. Il a d’ailleurs annoncé mercredi 16 mai que 50 des 62 morts palestiniens lors des affrontements avec l’armée israélienne faisaient partie de l’organisation terroriste. 

Les Palestiniens ont le droit de manifester pacifiquement mais les émeutes qui ont lieu depuis le début de la « marche » laissent peu de doutes quant à leurs motivations réelles. Après avoir échoué avec ses roquettes et tunnels offensifs détruits par les Israéliens et les Egyptiens, le Hamas aux abois incite des centaines de personnes à mourir en martyr pour tenter de gagner l’opinion internationale à sa cause.

3. Quel est le rôle du Hamas dans ces manifestations ?

Lors des semaines précédant la « marche du retour », l’armée israélienne avait reçu de nombreuses informations suggérant que le Hamas et d’autres groupes similaires se serviraient de mouvements de protestations pour mener leurs actions terroristes. Les méthodes employées par l’organisation terroriste sont semblables à celles utilisées lors de chaque conflit avec Israël : des femmes et des enfants sont placés en tête de cortège en guise de boucliers humains. Rien n’est improvisé, chacun tient son rôle dans une mécanique parfaitement huilée. Par ailleurs, le Hamas a promis qu’il verserait chaque année 3000$ aux familles de Palestiniens tués, 500$ à celles de Palestiniens blessés, ce qui constitue une incitation au terrorisme et au martyr et prouve que l’organisation instrumentalise la misère des Gazaouïs. A ces rémunérations s’ajoutent les 300 millions de dollars que l’Autorité palestinienne verse aux familles de terroristes.

L’omniprésence médiatique du Hamas à Gaza ne permet aucune contestation. Les télévisions, radios et les sites web sont liés au parti. Toute l’information est contrôlée. Sa guerre de l’émotion porte ses fruits en Europe puisque les médias européens citent les chiffres des structures qu’il contrôle, sans se préoccuper de leur fiabilité, se rendant ainsi complices de cette propagande.
Mais passée cette émotion du chiffre et de l’image, nul doute que les vraies questions se poseront. Les Européens se trompent lorsqu’ils comparent la situation à Gaza à une opération de maintien de l’ordre.

4. Gaza est-il occupé par Israël ?

Beaucoup de journalistes laissent entendre que les manifestants se battent contre l’occupation. C’est faux. Les Israéliens ont évacué la bande de Gaza en 2005 sous l’impulsion d’Ariel Sharon. Deux ans plus tard, le Hamas en a pris le contrôle et islamisé le territoire. Il a rompu ses liens avec l’Autorité palestinienne avec qui il est depuis en conflit permanent et est responsable de la crise humanitaire à Gaza.

5. Pourquoi Gaza est un terreau propice à la révolte ?

A Gaza, le Hamas a imposé un contrôle strict sur les idées, la culture et les mœurs à une société déjà très conservatrice. Pour avoir émis des réserves sur son action, des centaines de militants et journalistes du Fatah ont été arrêtés, interrogés, emprisonnés et, parfois même, selon plusieurs rapports de Human Rights Watch et de la Croix Rouge Internationale, torturés ou exécutés. En février 2009, Amnesty International publie un rapport accusant « les forces et les milices du Hamas d’être impliquées dans une campagne d’enlèvements, d’homicides délibérés et illégaux, de tortures et de menaces de mort contre ceux qu’ils accusent de « collaborer avec Israël » ainsi que contre des opposants politiques et des personnes critiquant le Hamas. Le mouvement ne sert que ses propres intérêts. Les vaines tentatives d’établir un gouvernement d’union avec le Fatah ont été motivées en grande partie par le fait que le groupe islamiste est à court d’argent en raison de la fermeture des tunnels de contrebande et de la difficulté à recevoir de l’argent de ses commanditaires qataris ou iraniens. Ils espéraient que le manque à gagner serait résolu en s’alliant à leurs rivaux du Fatah.
Avec un taux de chômage de plus de 50% et une paupérisation croissante, Gaza souffre donc d’être dirigée par une organisation qui détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’éradiquer Israël et d’exterminer ses habitants.

(1) Source : i24 News

6. Les Palestiniens clament leur « droit au retour ». Peut-on encore les qualifier de « réfugiés » ?

L’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens définît les réfugiés comme « les personnes dont le lieu de résidence habituel était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui ont perdu à la fois leur domicile et leurs moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948 ». Or, sur les 600 000 réfugiés palestiniens comptabilisés par l’UNRWA il y a 70 ans, le nombre est passé à plus de 5 millions, et chaque jour, à chaque naissance, il ne fait qu’augmenter. En réalité́, si l’on se conforme à cette définition reprise par le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) seulement 1% des Palestiniens aujourd’hui sont de « vrais » réfugiés – soit 20 – 30 000 personnes-, les autres 99 % étant leurs descendants. L’UNRWA a été spécifiquement créé par l’Assemblée Générale de l’ONU, par la résolution 302 (IV) du 8 décembre 1949. Il s’agit du seul corps de l’ONU créé ad-hoc pour un groupe spécifique, tous les autres problèmes de réfugiés étant gérés par le HCR (cf. fiche thématique d’ELNET sur la question des réfugiés palestiniens). Les Arabes n’ont pas été chassés d’Israël et s’ils n’avaient pas refusé le Plan de Partage en 1947, ils auraient leur Etat. Appliquer ce prétendu « droit au retour », qui n’a aucune validité politique, juridique et morale, signerait la fin d’Israël – qui est le but ultime des Palestiniens qui ne s’en cachent pas, et même de l’Autorité palestinienne qui n’a jamais rompu avec ce discours.

7. Peut-on parler de riposte disproportionnée ?

Si les médias diffusent des images qui tendent à suggérer que la riposte israélienne aux tentatives d’incursions palestiniennes est disproportionnée et que certains gouvernements ont appelé à la retenue, aucun Etat ne saurait tolérer une atteinte aussi flagrante à sa sécurité et à sa souveraineté. Comme tous les Etats du monde, Israël a le droit de se défendre.

Lors des opérations militaires françaises au Mali ou ailleurs, la France est allée combattre les Jihadistes à plusieurs milliers de kilomètres de Paris sans que l’on sache précisément tous les détails de ces interventions militaires. Y a-t-il eu des navettes diplomatiques pour exhorter les Français à faire preuve de retenue ? Les journaux télévisés ont-ils présenté chaque jour un bilan des tués ? Connait-on le nombre des « victimes collatérales »?
Dès qu’un conflit éclate entre Israël et les Palestiniens, il fait l’objet d’une couverture médiatique disproportionnée. Lors de la première année de la première Intifada (1987-1988) déjà, il y avait en Cisjordanie et à Gaza (soit sur 5700 km²) plus de correspondants étrangers (c’est-à-dire 800) que sur tout le continent africain, soit 56 États souverains. Alors que d’autres régions sont à feu et à sang (Soudan du sud, Somalie, Syrie etc.), elles ne suscitent pas l’intérêt de la presse qui a fait du conflit israélo-palestinien une véritable obsession.

Tsahal doit protéger la population israélienne. Ses règles d’engagement sont très strictes et stipulent que toute personne qui entre dans un périmètre de 100m à 300m de la barrière de sécurité israélienne peut être mise hors d’état de nuire si elle représente une menace. Cela n’empêche pas les Palestiniens de s’approcher de la barrière avec pour seul objectif de créer un précédant et terroriser la population civile israélienne. Si pareille situation se produisait, cela ferait des centaines de morts. Israël n’a pas d’autre choix que de dissuader les Palestiniens de mener la politique du pire et d’éviter le piège qui lui est tendu de voir son territoire envahi.

8. Si Tsahal affirme viser les terroristes du Hamas, pourquoi des civils meurent ?

C’est le propre de tout conflit asymétrique où les terroristes se mêlent à la population civile. Avec 45 km de long sur 10 km de large et 1 500 000 habitants et 3 323 habitants au km², Gaza fait partie des dix territoires les plus densément peuplés au monde. Pour autant, Tsahal veille à ce que ses actions ne soient dirigées que contre les terroristes du Hamas tandis que ceux-là utilisent les civils palestiniens comme boucliers humains. Le porte-parole de l’armée a déclaré que le Hamas avait déployé 12 « cellules » terroristes distinctes pour tenter de franchir la frontière à différents endroits, et que toutes ces cellules avaient été refoulées.

Chaque mort civil est regrettable, mais le Hamas et le Jihad islamique sont responsables de ces pertes. Israël se trouve en situation de légitime défense selon toutes les lois de la guerre.

 


Que ferait la France si elle était confrontée à la même situation ? C’est la question posée mardi 15 mai sur BFM TV par Jean-Jacques Bourdin à Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Au-delà des éléments de langage de la déclaration officielle, il n’a malheureusement pas été en mesure d’apporter une réponse satisfaisante. Car il y a un fossé entre des déclarations de principe et la confrontation à une réalité si complexe.

Pourtant, ce qui arrive au Moyen-Orient finit toujours par nous toucher : attentats, attaques au couteau, à la voiture-bélier… ont fait en France près de 300 morts et des centaines de blessés. C’est pourquoi nous devons réfléchir et nous préparer à la situation à laquelle les Israéliens sont confrontés aujourd’hui. Nous ne devons faire preuve ni de naiveté, ni de complaisance. Pour les Israéliens comme pour les Européens, il n’y a pas d’autre alternative que de résister et combattre nos ennemis.