Revue de la presse anglophone / 5 avril / Nidra Poller

 

  • Afghanistan

Avertis du danger d’une prise de pouvoir par les talibans, ils cherchent à peser sur la décision de Biden

Julia Barnes, Thomas Gibbons-Neff, Eric Schmitt/  New York Times / 26 mars

Les services de renseignement ont informé l’administration Biden des risques d’un retrait des troupes américaines (et de leurs alliés) d’Afghanistan en l’absence d’un accord de partage du pouvoir entre le gouvernement afghan et les talibans. En effet, le président avait déjà décidé de reporter le retrait promis pour le 1er mai par son prédécesseur. Selon le rapport, préparé pour le président Trump, mais pas révélé à l’époque, le départ prématuré des forces d’intervention mènerait à la prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans dans deux ou trois ans, ouvrant la voie à un renforcement d’Al Qaeda et de Daesh.  Le président Trump avait ordonné, néanmoins, le retrait total au 1er mai.

Des mises en garde de ce genre sont lancées régulièrement au cours de cette longue guerre.  Biden, dans son rôle de vice-président, s’était prononcé en faveur d’une présence minimale en Afghanistan, tout en avouant en privé sa hantise de voir le pays s’effondrer.

Certains responsables de l’administration restent sceptiques quant à l’éventuelle résurgence d’Al Qaeda ou de Daesh. Par ailleurs, le rapport n’aborde pas la question de savoir si l’Afghanistan pourrait devenir un pays prospère au cas où les militaires américains resteraient encore longtemps. Une présence définitive permettrait, certes, au gouvernement afghan de reprendre le contrôle à Kaboul, mais n’empêcherait pas les talibans d’étendre leur emprise ailleurs, en entrainant l’inévitable oppression des femmes. Un porte-parole des talibans réitère leur engagement à respecter l’accord ; si, toutefois, les Américains ne se retirent pas à la date prévue, les talibans poursuivront le djihad.

Au sein de l’administration Biden, les avis sont partagés. Certains responsables du Pentagon conseillent le maintien des soldats en place, citant le rapport des services du renseignement. Le Secrétaire de la Défense, Lloyd J. Austin III, n’a pas encore précisé le plan d’action qu’il souhaiterait suivre.

Officials Try to Sway Biden Using Intelligence on Potential for Taliban Takeover of Afghanistan – The New York Times (nytimes.com)

 

  • Iran

Les Américains proposent une road map du retour à l’accord nucléaire

Times of Israel

L’administration Biden se heurte à de multiples obstacles dans la recherche du dialogue avec les Iraniens. Les relations, empêtrées dans des communications indirectes, via la France, l’Angleterre, la Russie ou la Chine, sont également bloquées par des conflits politiques internes à l’approche des élections iraniennes. Téhéran campe sur l’exigence d’une levée totale des sanctions avant toute négociation. Le président américain, faisant de la réintégration au JCPOA une priorité, propose un retour pas à pas aux conditions préalables. Cette proposition, comme les précédentes, est refusée par les Iraniens. Dernièrement une proposition de road map [feuille de route] a été offerte, encore par communication indirecte. Il semblerait que la road map ne marche pas mieux que le pas à pas. Les Iraniens exigent la levée totale des sanctions. Rien n’est clair sauf qu’il n’y a pas de progrès. Selon un reportage de Reuters, les Américains avaient proposé une levée partielle des sanctions en échange d’un arrêt de l’enrichissement à 20%. Offre également repoussée. Un haut responsable iranien déclare sans ambigüité, dans l’organe de presse de l’État : Téhéran exige la levée totale de toutes les sanctions avant de réduire l’enrichissement. L’administration Biden déclare tour à tour « nous ne sommes pas pressés » et « peu importe lequel d’entre nous fait le premier pas, l’idée c’est d’entamer la conversation ».

US said open to crafting road map back to Iran nuclear deal, as progress stalls | The Times of Israel

 

  • Corée du Nord

Consultations USA, Japon, Corée du Sud à la dernière phase d’évaluation de la stratégie américaine envers la Corée du Nord

Washington Examiner / Jamie McIntyre, Senior Writer |1 avril

| April 02, 2021 07:02 AM

Première réunion tripartite des conseillers en sécurité nationale des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud aujourd’hui à l’Académie Navale d’Annapolis, en vue d’élaborer une stratégie coordonnée pour convaincre Kim Jong Un d’abandonner son programme de développement des missiles balistiques de longue portée et son arsenal nucléaire. Une semaine auparavant, la Corée du Nord avait repris les tests de missiles, suspendus depuis un an, y compris le lancement de deux missiles de moyenne portée, en violation des résolutions onusiennes. C’est dans ce contexte que l’administration Biden achève la revue de sa politique avant de démarrer des pourparlers avec Pyongyang sur la dénucléarisation.

Pas de déclarations publiques à la sortie des séances en privé entre Jake Sullivan et ses homologues Shigeru Kitamura du Japon et Suh Hoon de Corée du Sud. Selon un haut responsable de l’administration il s’agit des « dernières consultations » alors que l’élaboration de la politique américaine « entre dans les dernières phases ».

« Le plus important c’est de donner à Jake et à notre équipe la possibilité d’étudier et de discuter notre politique envers la Corée du Nord. Ce sont des pays hautement concernés par notre stratégie et on a l’intention d’en parler en détail ».

US, Japan, South Korea huddle in Annapolis to chart strategy as Biden’s North Korea policy review wraps up (washingtonexaminer.com)

 

  • Aide aux Palestiniens

GAO-21-332, 29 mars, 2021

Aide à Gaza et la Cisjordanie : en cas de reprise de l’assistance, les risques seraient diminués par un meilleur contrôle du respect, de la part des bénéficiaires secondaires, de la politique et des mécanismes antiterroristes de l’USAID

L’aide aux Palestiniens administrée par l’USAID a été Interrompue en 2019 suite à la décision du président Trump. Une étude par le GAO [Government Accounting Office] de l’administration des subventions pendant la période 2015-19 trouve que les conditions ont été respectées en ce qui concerne les bénéficiaires primaires, mais pas au niveau des sous-bénéficiaires. L’USAID avait formé les bénéficiaires primaires dans le respect des conditions imposées, mais ne les avait pas préparés à contrôler ce respect au niveau des sous-bénéficiaires. Qui plus est, une pratique dévaluation après le fait ne laissait pas la possibilité de corriger les manquements. Au cas d’une reprise de cette assistance ESF, il faudrait mettre en place des mécanismes de vérification pour éviter le versement des fonds aux individus ou aux entités liés au terrorisme. Le GAO a évalué la loi, la politique, les mécanismes, les documents et les données des services, ainsi qu’un échantillon généralisé de 245 bénéficiaires secondaires pour vérifier la politique et les mécanismes de conformité aux normes de la politique antiterroriste de USAID.

Le GAO recommande, en cas d’une reprise du programme d’aide aux Palestiniens, que l’USAID (1) vérifie, auprès des bénéficiaires primaires, des mécanismes pour assurer, avant le déboursement des fonds aux bénéficiaires secondaires, le respect des conditions ci-dessus notées et  (2) et effectue des évaluations dans un court délai après le versement de fonds, pour corriger des manquements avant la fin d’un programme. L’USAID a signalé son accord avec ces recommandations.

West Bank and Gaza Aid: Should Funding Resume, Increased Oversight of Subawardee Compliance with USAID’s Antiterrorism Policies and Procedures May Reduce Risks (gao.gov)